Selbstzeugnisse

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1.  Notion forgée par Marianne Beyer-Fröhlich (1930), signifiant littéralement « témoignage de soi ». Sa vaste enquête chronologique prend en compte à la fois des écrits de religieux et de laïcs, des écrits considérés comme littéraires et d’autres qui ne le sont pas. L’acception est très large puisqu’elle regroupe sous un même terme récits de voyages, chroniques familiales, livres de comptes, souvenirs, mémoires, autobiographies, journaux intimes, correspondances, poèmes autobiographiques, agendas, confessions, récits de formation, romans autobiographiques... Il semble que leur seul dénominateur commun soit d’être des écrits où l’expression de soi est volontaire.

2. La notion de Selbstzeugnisse a été reprise dans les années 1990 et distinguée de celle des ego-documents. Selon Sabine Schmolinsky, le terme de Selbstzeugnisse désigne bien des textes où l’expression de soi est volontaire, consciente, et constitue un véritable projet d’écriture, indépendamment d’un genre. En cela, cette catégorie se distingue de celle d’ego-documents telle que cette dernière est définie par Winfried Schulze, car elle exclut les écrits où l’ego est révélé de manière involontaire. Les Selbstzeugnisse diffèrent aussi des écrits du for privé qui admettent une rupture entre écrits privés et publics, mais on peut les rapprocher de la notion d’écriture de soi.

3. Un groupe de recherche allemand fondé en 2004, le DFG-Forschergruppe 530 « Selbstzeugnisse in transkultureller Perspektive », propose d’étudier les Selbstzeugnisse dans une perspective transculturelle. Cette même année, un groupe de recherche français commence à recenser les écrits du for privé dans les centres d’archives nationaux. Outre la dimension extra-européenne et la mise en évidence de l’existence de Selbstzeugnisse en dehors du Vieux continent, ce projet formule l’hypothèse que le développement de l’individualité est lié à celui des « écrits autobiographiques » (sic) et propose de soumettre ces sources aux problématiques de l’histoire du genre. La présentation du projet de recherche ne propose pas de définition du terme de Selbstzeugnisse. Celui-ci semble parfois utilisé indistinctement avec les termes d’écrits autobiographiques ou d’ego-documents, qui le sont aussi volontiers dans les titres des publications du groupe. Les définitions précises sont peut-être élaborées à l’échelle de ces publications particulières mais elles ne semblent pas avoir fait l’objet d’un accord commun au départ.

Notices liées

Écriture de soi (fr) self-narratives ()

Bibliographie

  • BEYER-FRÖHLICH Marianne, Die Entwicklung der deutschen Selbstzeugnisse, Leipzig, 1930.  |  Zotero
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  • SCHMOLINSKY Sabine, « Selbstzeugnisse im Mittelalter », dans ARNOLD Klaus, SCHMOLINSKY Sabine et ZAHND Urs Martin (éd.),  Das dargestellte Ich: Studien zu Selbstzeugnissen des späteren Mittelalters und der frühen Neuzeit Selbstzeugnisse des Mittelalters und der beginnenden Neuzeit, Bochum, 1999, p. 19-28. |  Zotero
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Métadonnées

Citer cette notice

Juliette Deloye, « Selbstzeugnisse », dans VOCES, Vocabulaire pour l’Étude des Scripturalités, Thomas Brunner (dir.), ARCHE EA3400 (Université de Strasbourg), édition électronique (2015-), 2019 (mise en ligne), 2019-04-30 (dernière mise à jour), <http://num.ea3400.unistra.fr/voces/notice/selbstzeugnisse.xml>.

Statut

Notice validée par le conseil scientifique

Édition

  • Juliette Deloye
  • Thomas Brunner

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  • Mise en ligne (Thomas Brunner).
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